Les Dames galantes est une œuvre de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantôme, écrite à la fin du 16ème siècle mais publiée seulement après sa mort, au 17ème siècle, en raison de son caractère jugé trop libre pour l’époque. Brantôme est un gentilhomme et un homme de cour ayant vécu sous plusieurs règnes de la Renaissance française, ce qui lui permet de témoigner directement de la vie aristocratique. L’ouvrage s’inscrit dans un contexte où la morale officielle, très marquée par la religion et l’honneur, cohabite avec des pratiques sociales plus souples, notamment dans les milieux de cour.
Le livre n’est pas un roman, mais un recueil d’anecdotes et de récits inspirés de faits réels ou rapportés, sans intrigue continue. Brantôme y évoque des dames de la noblesse, des courtisans et parfois des figures connues, souvent dissimulées sous des noms modifiés. Il se présente comme un observateur attentif plutôt que comme un moraliste, cherchant à décrire les comportements humains tels qu’ils existent réellement.
Le contenu de l’œuvre porte principalement sur les relations amoureuses et galantes dans la haute société. Brantôme y décrit des femmes cultivées, habiles et influentes, capables de jouer un rôle actif dans leur vie sentimentale et sociale. Il montre que le mariage est souvent une affaire d’intérêt ou de stratégie familiale, tandis que les relations amoureuses hors mariage sont fréquentes et tolérées tant qu’elles restent discrètes. La galanterie apparaît comme un art de vivre fondé sur l’élégance, l’esprit et la maîtrise des codes sociaux.
Le ton de Brantôme est généralement léger, parfois ironique ou admiratif, et il évite de juger ou de condamner les comportements qu’il rapporte. Son objectif est davantage de témoigner et de divertir que de donner des leçons de morale. Les Dames galantes constitue ainsi un document précieux pour comprendre les mentalités de la noblesse française à la Renaissance, en révélant le contraste entre les règles affichées et les pratiques réelles de la vie de cour, tout en offrant un regard vivant et lucide sur les relations entre les hommes et les femmes de son temps.